Mardi 8 avril, nous avons eu la chance de partager un moment fort en émotion et en échanges au collège d’Aspe, à Bedous, avec les classes de 5e et 4e. Aurélie et Patrick ont présenté l’association POUR aux élèves, en compagnie de Crépine, Ladji, Madi, Evgueni et Mohamad Sadiq.
Une présentation vivante et émouvante
Après une introduction rapide sur le travail de POUR, la parole a été donnée aux réfugiés, qui ont su capter l’attention des collégiens avec sincérité, force et humilité. Les élèves, très curieux et attentifs, ont posé de nombreuses questions, toujours pertinentes, ouvrant la voie à des échanges riches sur les réalités de l’exil, les parcours de migration et la vie quotidienne en tant que migrant.
Nos cinq apprenants étaient visiblement heureux et fiers de pouvoir témoigner. Malgré le stress et parfois l’émotion, ils ont répondu avec courage et franchise, partageant des récits souvent marqués par des épreuves difficiles. Bravo à eux pour leur force et leur engagement !
Des émotions fortes et une belle leçon d’humanité
La séance s’est conclue en beauté avec un chant russe interprété par Evgueni, qui a touché tout le monde par son intensité. Ce moment suspendu a marqué la fin de l’échange en laissant place au silence… et à l’émotion.
Pour redescendre un peu après ces partages intenses, nous avons fait un petit détour par l’aire d’atterrissage des parapentes d’Accous, avant de nous accorder une collation bien méritée. Un moment de détente bienvenu, où chacun a pu souffler, discuter plus tranquillement et savourer la réussite de cette rencontre.
Un impact fort, des élèves touchés et conscients
Les élèves ont été impressionnés par les parcours racontés et ont pris la mesure des obstacles que rencontrent les migrants dans leur quotidien. Ce genre d’initiative rappelle à quel point les échanges humains, en milieu scolaire ou ailleurs, sont essentiels pour construire une société plus juste, plus consciente et plus solidaire. Alors un grand merci à toutes celles et ceux qui s’investissent dans POUR : rien de tout cela ne serait possible sans vous.
Samedi 12 avril , la cuisine de POUR a vibré au rythme des épices et des rires. À l’initiative de cet atelier, Alif et Usha nous ont emmenés au Bangladesh avec une recette de biryani de poulet qui a conquis tous les palais. Jacqueline et Héléna pilotaient tout ce petit monde avec bienveillance.
Des rencontres venues d’ailleurs
Nous avons eu le plaisir d’accueillir Yosué et Yesenia, fraîchement arrivés du Venezuela, accompagnés de leurs deux filles, Yeorgina et Tiffany. Leur présence a apporté chaleur et enthousiasme à ce moment de partage. Georgina est arrivée un peu plus tard. Les échanges ont été riches et spontanés. Bien que tout le monde ne parle pas espagnol, Georgina s’est improvisée interprète, passant de l’espagnol à l’anglais pour aider Alif et Usha à mieux communiquer avec la famille de Yosué. Une belle démonstration d’entraide, dans un joyeux mélange de langues et de cultures.
Une cuisine collective, généreuse et joyeuse
La préparation du repas a mobilisé tout le monde. Pendant qu’Alif et Usha s’occupaient du biryani – enlevant la peau du poulet, le faisant mariner dans un mélange de yaourt et de lait, puis préparant une sauce onctueuse à base d’oignons revenus, de noix de cajou mixées, d’eau et d’épices variées – d’autres mains s’activaient autour de recettes toutes aussi savoureuses.
Tiffany s’est lancée dans la confection d’un gâteau au yaourt, banane et pépites de chocolat qui a fait fondre petits et grands. Avec sa sœur, elle a aussi découvert les rillettes de sardines, une nouveauté étonnante mais appréciée. Yosué et Yesenia ont préparé une belle salade colorée, pendant que Gisela faisait une arrivée remarquée avec son pain tout juste sorti du four, qui a complété à merveille notre repas collectif.
•R
Francis est passé plusieurs fois, fidèle à lui-même, toujours souriant. Massila était là pour le déjeuner, suivie de Crépine et Marie, venues un peu plus tard mais ravies de partager ce moment convivial. Flora et Margarita se sont également attablées pour déguster les plats préparés ensemble. Nos invités du jour, Martha et Éric, ont été touchés par l’ambiance chaleureuse et l’accueil reçu.
Entre rires, découvertes et idées pour la suite
Le moment le plus étonnant de l’atelier cuisine : l’apparition de l’essoreuse à salade. Personne ne savait vraiment comment cela fonctionnait, mais une fois son utilisation comprise, elle a suscité l’amusement général.
Après le repas, Crépine et Georgina ont assuré la vaisselle dans la bonne humeur, pendant que d’autres échangeaient sur les défis rencontrés en cuisine, notamment avec les produits proposés par le CODDA. De nombreuses idées ont émergé, que nous prendrons le temps de développer dans les semaines à venir.
Prochain atelier, le 10 mai
Le prochain atelier aura lieu le 10 mai, et nous avons déjà hâte de vous y retrouver. En attendant, on garde en mémoire les sourires, les parfums d’épices et l’incroyable énergie collective de ce samedi. Merci à toutes et à tous pour votre présence, votre générosité et votre envie de créer ensemble !
Une rencontre pédagogique et humaine enrichissante
Dans le cadre du cours sur les Sujets de Droit et le Droit d’asile et des étrangers, les élèves de terminale en option DGEMC du Lycée Saint Joseph (enseignement optionnel de droit et grands enjeux du monde contemporain) ont reçu mardi 1er avril, M. Patrick Pitz, Président de l’association POUR (Piémont Oloronais Urgence Réfugiés), Magali Portet, bénévole et enseignante en FLE (enseignement du français langue étrangère), Elisabeth Marimbordes (coordinatrice pédagogique et enseignante en FLE) et 3 personnes réfugiées en insertion à Oloron-Sainte-Marie (Alphonse, Congolais ; Sahra , Afghane ; Ibrahima, de Côte d’Ivoire).
Objectifs philosophiques et juridiques de la rencontre
L’objectif de cette rencontre, en dehors du plaisir qu’offrent les partages humains nécessaires à une meilleure connaissance mutuelle, consistait à reprendre conjointement l’analyse philosophique de Kant, dans son livre Vers la paix perpétuelle, d’un droit cosmopolitique et du diagnostic d’un dispositif juridique d’inhospitalité formulé et décrit par le philosophe Jacob Rogozinski dans son livre Inhospitalité, publié au printemps dernier aux éditions du Cerf.
Déconstruction des stéréotypes liés à l’étranger
Il s’agissait de remettre en question la réduction, dans l’imaginaire public et l’opinion commune, de la condition d’étranger à celle d’immigré ou de migrant, puis de la condition d’immigré à celle de clandestin, et de celle-ci à la situation de marginal, voire de nuisible à l’ordre social. En reprenant l’analyse de Kant, les élèves distingueront droit de visite, droit d’asile et de résidence, et construiront deux émissions de radio disponibles à l’écoute en mai.
« Il est question ici non pas de philanthropie mais du droit. Hospitalité signifie donc ici le droit qu’a l’étranger, à son arrivée dans le territoire d’autrui, de ne pas y être traité en ennemi. C’est le droit qu’a tout homme de se proposer comme membre de la société. »
Présentation de l’association POUR et de ses actions
Cette rencontre importante a permis de saisir avec précision le travail de la cinquantaine de bénévoles de l’association (qui assurent l’équivalent travail de plus de 7 personnes employées à temps plein) en soutien au travail du législateur qui assure le droit d’accueil des réfugiés pour des raisons politiques (accès au logement, aux soins et à l’éducation). La présentation de M. Pitz a permis de comprendre l’histoire, la genèse et l’organisation de cette association laïque née en 2015 grâce à l’initiative d’un collectif de citoyens soucieux de témoigner une sollicitude et une empathie aux réfugiés morts et abandonnés en mer, suite à la mort sur les plages turques de l’enfant kurde Aylan Kurdi.
(voir ce que l’organisation Migreurop désigne par “la stratégie du laisser-mourir en mer” dans “On ne peut pas accueillir toute la misère du monde.” En finir avec une sentence de mort, Pierre Tevanian et J.C Stevens, éditions Anamosa).
L’association POUR fut reconnue en 2018 association de 1901 et elle s’inscrit dans le soutien à l’intégration au même titre que les organismes publics qui œuvrent en faveur des réfugiés à Oloron et sur l’ensemble du Piémont (France Horizon et OGFA).
L’importance de la langue et du lien social
La liberté d’association constitue un droit constitutionnel et l’association compte 120 membres parmi lesquels de nombreux enseignants bénévoles en retraite qui assurent les cours de français. Par son travail social et linguistique, elle assure le soutien de plus de 20 nationalités qui apprennent le français.
Mme Portet a pu témoigner de son travail d’enseignante et détailler les modalités de son travail en explicitant le vocabulaire juridique et les acronymes qui désignent les différentes instances d’accueil. Nous préparons une interview des bénévoles et des personnes réfugiées qui souhaitent prendre la parole.
Parcours de vie et témoignages poignants
Des personnes réfugiées ont pu témoigner, avec courage et précision, chacune à leur tour, du parcours qui les a conduits en France et plus précisément à Oloron :
Ibrahima, dès son plus jeune âge en tant que mineur isolé, venu de la Côte d’Ivoire, en passant par le Maroc puis l’Espagne, a été scolarisé au collège en vallée d’Aspe et est désormais intégré à la vie sociale par son travail en alternance et la préparation de son CAP de pâtisserie.
Alphonse, venu du Congo Kinshasa via le Congo Brazzaville après avoir subi la violence de la répression et de la réclusion pour son action politique dans son pays d’origine, a obtenu son transfert vers la France où il peut construire son avenir en laissant, néanmoins, sa mère et son grand frère au pays.
Conscients de leur ignorance concernant l’histoire du Congo et du Rwanda et la violence endémique à laquelle sont soumis ces peuples ainsi que de l’actualité de la répression qui s’abat sur la société civile au Congo et au nord Kivu, les élèves ont pu s’interroger sur les principaux pays d’accueil pour les Congolais (Afrique du Sud et France).
Sahra, venue d’un pays où l’école et l’instruction sont interdites aux femmes, l’Afghanistan, a pu témoigner de son intégration non seulement par sa maîtrise de la langue française mais surtout par sa réalité familiale : en construisant sa famille ici et en scolarisant sa fille dans l’école de la République, elle a choisi de tisser des liens serrés et individuels avec l’association pour consolider sa maîtrise de la langue et simplement partager un monde commun.
Une réflexion sur l’hospitalité et la mémoire commune
En reprenant une intuition de Paul Ricoeur dans son discours prononcé aux Semaines sociales de France, “Réinventer l’hospitalité à la faveur du souvenir fictif ou réel d’avoir été soi-même étranger”, le philosophe J. Rogozinski invite à reconnaître la part d’étranger en soi et à se saisir de l’histoire locale, de la mémoire commune d’un passif et/ou d’un passé d’immigration ou d’accueil pour mieux interroger notre hospitalité, là où nous sommes.
Prolongements pédagogiques autour de la mémoire
C’est pourquoi les élèves ont poursuivi leur réflexion avec les classes de 3e, en accueillant, grâce à M. Cordon Molina, professeur d’histoire, le témoignage de M. Villalba, président de l’association Terre de mémoire et de lutte et fils de républicains internés au camp de Gurs.
Ils se rendront à Gurs le 11 avril avec les classes de 3e de Saint Joseph et celles du collège du Sacré Cœur de Pampelune pour interroger ensemble la mémoire de la solidarité dans l’accueil de ceux et celles qui sont en danger dans leur pays d’origine.
Les “petits” dans l’histoire
Ces différentes rencontres auront pour but d’interroger ce que le sens de l’histoire veut sans doute cacher en privilégiant ses grands acteurs plutôt que ses “petits” figurants : le destin des “parias”, des “indésirables” et plus simplement des “petits”, “anonymes” qu’on entend peu et qui pourtant nous renseignent sur une histoire commune à construire non sur les ruines du passé mais sur l’espoir d’un monde meilleur pour tous.
Ce sera l’occasion de réfléchir à ce que le philosophe Paul Ricoeur nomme dans Histoire et vérité en 1955 à la suite de W. Benjamin, le sens caché de l’histoire des petits et des perdants, gratifiés de la seule “petite bonté” chère à V. Grossman.
“Donner à manger et à boire, recueillir l’étranger, vêtir ceux qui sont nus, soigner les malades, visiter les prisonniers, ce sont là autant de gestes simples, primitifs, faiblement élaborés par l’institution sociale ; l’homme y est montré en proie aux situations-limites, démuni socialement, réduit à la détresse de la simple condition humaine. […] Le sens de l’histoire, tel du moins qu’il est déchiffré par les acteurs eux-mêmes, passe par les événements importants, par les hommes importants. Les « petits », ce sont tous ceux qui ne sont pas récupérés dans ce sens de l’histoire. Mais il est un autre sens […] une autre histoire, une histoire des actes, des événements, des compassions personnelles, tissée dans l’histoire des structures, des avènements, des institutions. Mais ce sens et cette histoire sont cachés.” Paul Ricoeur, Histoire et vérité, chapitre Socius et Prochain
Article écrit par les élèves de terminale en option DGEMC (enseignement optionnel de droit et grands enjeux du monde contemporain) du Lycée Saint Joseph avec leur professeur de philosophie Christine Bessi.
Samedi 29 mars, l’atelier cuisine de l’association POUR a encore régalé les papilles et réchauffé les cœurs. Aux fourneaux cette fois-ci : Crépine, avec le soutien de Boris, véritable maître de l’ambiance ! Ensemble, sous l’œil attentif de Jacqueline, ils ont concocté un menu simple, savoureux et plein de convivialité.
Au menu :
Salade verte croquante pour la fraîcheur,
Riz blanc nappé d’une sauce cacahuète onctueuse et parfumée pour accompagner le poulet frit
Gâteau marbré au yaourt accompagné d’une salade de fruits pour la touche sucrée.
Un véritable voyage culinaire !
La fameuse sauce cacahuète, qui a conquis tous les participants, mérite qu’on s’y attarde : on commence par diluer de la pâte d’arachide dans de l’eau, on y poche ensuite quelques tomates et oignons entiers portés à ébullition, que l’on mixe et incorpore au mélange. On ajoute ensuite le bouillon du poulet frit, bien dégraissé, puis des oignons, échalotes et ail finement émincés, un soupçon de purée de tomates… et on laisse épaissir en remuant doucement. Un vrai régal !
Un moment de partage et de retrouvailles
Au fil de la matinée, les visages familiers sont venus prêter main forte ou simplement faire un coucou :
Djeneba et Annie sont passées pour un petit bonjour,
Gisela est arrivée les bras chargés (pain, saladiers, couteaux – le kit complet !),
Chantal a découvert l’atelier, accompagnée d’Aline,
Christiane nous a rejoints en fin de matinée,
Puis ce fut au tour de Petrena, Jonathan, Francis et Tom d’arriver.
Un clin d’œil tout particulier à Tom, qui a mis la main à la pâte… ou plutôt à l’éponge, en s’attaquant activement à la vaisselle !
Une ambiance chaleureuse
Au-delà des plats, c’est surtout l’ambiance bienveillante et joyeuse qui a marqué ce samedi. Entre rires, discussions et effluves appétissantes, chacun est reparti le cœur léger – et certains avec quelques restes sous le bras : Crépine, Boris et Tom notamment !
Encore un grand merci à toutes les personnes présentes et investies. On se retrouve avec plaisir pour le prochain atelier dans deux semaines !
Mercredi 19 février, la ludothèque itinérante Lib et Lude a fait escale dans l’ancien école de Saint-Pée, offrant un après-midi de jeux et de convivialité aux enfants des réfugiés pris en charge par POUR. Cette initiative s’inscrit pleinement dans la mission de Lib et Lude : rendre le jeu accessible à tous, sans exception. Merci à notre bénévole Delphine qui a véhiculé certaines familles.
Une évasion ludique pour les enfants
Dès leur arrivée, les yeux des enfants pétillaient de curiosité. Les jeux de construction, les déguisements et les jouets colorés ont rapidement transformé l’espace en un véritable terrain de jeu.
Partage, rires et inclusion
La magie du jeu a opéré : les barrières linguistiques se sont effacées et les rires ont résonné tout au long de l’après-midi. Chaque enfant a trouvé sa place dans cet environnement bienveillant.
Les familles présentes ont également profité de ce moment suspendu dans le temps. Elles ont pu simplement apprécier de voir leurs enfants s’amuser en toute sécurité.
Une mission : rendre le Jeu accessible à tous
L’association Lib et Lud porte haut les valeurs d’inclusion et de partage. Le jeu est universel et il peut apporter du réconfort et de la joie. Prochain rendez-vous : mercredi 19 mars toujours à l’ancienne école Saint-Pée.
Pendant les vacances de carnaval, Aurélie a organisé une sortie au Bowling de Lescar pour offrir un moment de détente et de convivialité aux réfugiés accompagnés par l’association. Grâce au bouche à oreille et à quelques messages de dernière minute, un petit groupe s’est formé, prêt à partir à l’aventure jusqu’au centre commercial Quartier Libre de Lescar.
Une aventure depuis Oloron jusqu’à Lescar
L’expédition a débuté à la gare d’Oloron avec un départ à 12h43. Après un court trajet en train jusqu’à Pau, le groupe a eu la chance de monter à bord du célèbre funiculaire, offrant une vue imprenable sur la chaîne des Pyrénées enneigée. Un spectacle magnifique qui a enchanté petits et grands !
Ensuite, nous avons pris le bus Idelis depuis le « Centre Bosquet » jusqu’à Quartier Libre. Malgré une petite attente au complexe du bowling, l’excitation était palpable.
Place au jeu : rires et convivialité !
Une fois les deux pistes réservées, les participants se sont lancés dans la partie. Les premiers lancers n’ont peut-être pas tous été prometteurs, mais rapidement, chacun a pris ses marques. Les rires et les taquineries ont rythmé l’après-midi, surtout lorsque les boules semblaient suivre des trajectoires imprévisibles !
Un retour plein de souvenirs
Le retour s’est déroulé dans la bonne humeur, en suivant le même itinéraire : bus, marche et train.
Chacun est rentré avec des souvenirs plein la tête et le cœur léger.
En ce jeudi 20 février lumineux, l’hiver semblait avoir revêtu un costume de printemps pour accueillir chaleureusement les participants de l’atelier créatif dirigé par Marie-Christine. De nouvelles personnes se sont jointes aux habitués. Tout le monde était prêt à explorer les propositions artistiques du jour : la calligraphie avec des spatules et la peinture de paysages à l’aquarelle.
Des langues qui dansent sur le tableau
Pour briser la glace, chacun a écrit son prénom en français et dans sa langue maternelle sur le tableau. Fariba, toujours inspirée, a choisi d’y inscrire le mot « Bienvenue », ouvrant ainsi la porte à la convivialité et à l’échange. Nos yeux se sont émerveillés devant les graphies complexes et délicates du bengali, la langue du Bangladesh. Les arabesques fluides de l’alphabet persan, illustrant le dari, déployaient leur élégance sous la main experte de Fariba. Chaque trait, chaque courbe devenait une invitation à découvrir des cultures et des histoires personnelles.
Apprivoiser l’inconnu, ensemble
Autour d’une grande feuille blanche, pinceaux, encres et spatules attendaient d’être apprivoisés. Pour les nouveaux venus, il s’agissait de vaincre la crainte de la nouveauté et de trouver sa place au milieu du groupe. L’imitation des gestes proposés était un premier pas, bientôt suivi par des explorations plus personnelles. L’encouragement bienveillant des autres a permis à chacun de se lancer, de persévérer et de laisser libre cours à sa créativité.
Des créations individuelles ont rapidement vu le jour. Les petits tableaux, d’abord timides, ont gagné en audace et en complexité. L’évolution de l’outil, du pinceau à la spatule, a ouvert la porte à d’autres types de créations : des paysages poétiques, des arbres délicats à l’encre et à l’aquarelle.
Quand l’art rencontre l’hymne national
Moment fort de l’après-midi : Usha, avec une dextérité fascinante, a calligraphié l’hymne national du Bangladesh. Chaque mot prenait vie, empreint de fierté et de douceur. C’était bien plus qu’un exercice de calligraphie, c’était un moment de partage culturel puissant et émouvant.
Une richesse de partage et de création
Ce jeudi, nous avons vécu bien plus qu’un simple atelier artistique. Nous avons tissé des liens, partagé des histoires, et célébré la beauté de nos différences. La création est devenue un langage universel, un espace de rencontre où chacun pouvait s’exprimer librement. Le printemps en plein hiver, c’était ce renouveau, cette chaleur humaine et cette explosion de couleurs et de formes qui ont illuminé notre après-midi.
Et à la lumière des sourires qui éclairaient les visages, résonne au loin le poème d’espoir de Paul Eluard
L’art se partage et nous transforme. Déjà impatients de renouveler l’expérience, de continuer à semer des graines de créativité et de convivialité, et de voir pousser de nouvelles fleurs dans ce jardin collectif.