L’atelier vélo de l’association POUR incarne une dynamique solidaire unique, où chaque bicyclette réparée raconte une histoire, chaque coup de pédale rapproche les individus et chaque dérailleur ajusté change une trajectoire de vie.

Créé en 2018, cet atelier s’est installé à l’école Labarraque en août 2022 après plusieurs périodes de transitions. La mission de cet espace est simple mais essentielle : redonner aux réfugiés la liberté de se déplacer, tout en respectant une philosophie de réduction du gaspillage.
S’accrocher à un guidon comme symbole d’espoir
L’atelier est avant tout le lieu où des réfugiés trouvent dans un simple vélo une opportunité. Certains, à leur arrivée, n’avaient jamais appris à en faire. Guy Ollier, bénévole, explique : « Nous avons fait appel à des bénévoles pédagogues pour enseigner les bases du cyclisme. Pour ces personnes, apprendre était comme remonter la pente vers l’autonomie. »

Cet atelier n’est pas uniquement un lieu de réparation, mais un point de départ, une échappée pour ceux qui cherchent à trouver leur équilibre. Chaque mardi après-midi, de 14h à 18h, Guy, Jacques et Eric se rassemblent pour donner une seconde vie à des vélos donnés par des particuliers ou récupérés dans des déchèteries.
Quand la petite reine a tout d’une grande
L’esprit collectif de cet atelier est remarquable. On ne se contente pas de tendre une clef à molette, on offre un guidon pour avancer. Les bénévoles mécanos parlent avec fierté des 45 vélos réparés chaque année, chacun étant le témoin d’une nouvelle aventure humaine. Des anecdotes révèlent comment des réfugiés repartent avec un nouveau souffle grâce à ces vélos.

« Chaque roue qui tourne est une victoire sur l’immobilisme et un coup d’accélérateur vers l’inclusion sociale », confie Jacques Bouchonneau. Husnedine, par exemple, utilise quotidiennement un vélo offert pour se rendre à son travail. Ces histoires, souvent simples, sont profondément inspirantes.

Derrière ces chiffres se cachent aussi des défis. L’association manque parfois de matériel : certaines pièces détachées essentielles doivent être achetées faute de dons suffisants. Les bénévoles espèrent que davantage de particuliers ou d’entreprises locales se mobiliseront pour contribuer à cet effort collectif.
Un impact chiffré
Depuis sa création, l’atelier a permis à plus de 300 réfugiés de trouver un moyen de transport fiable et durable. Environ 70 % des bénéficiaires utilisent leur vélo pour se rendre au travail ou suivre une formation, tandis que les 30 % restants s’en servent pour des activités du quotidien. En parallèle, l’atelier a évacué plusieurs dizaines de kilos de déchets métalliques, contribuant à réduire l’empreinte écologique.
Et demain, quel coup de pédale ?

L’atelier est ouvert à tous : passionnés de mécanique, curieux d’apprendre ou simples volontaires. Cet espace est un terrain fertile pour créer des liens et avancer ensemble. En participant aux activités de l’atelier, on ne répare pas seulement des vélos, on contribue à « réparer un peu » des vies, un coup de pédale après l’autre.

Cet endroit est bien plus qu’un atelier. C’est une passerelle entre les gens, un frein à l’exclusion, un coup de guidon vers l’avenir. Avec davantage de soutien — matériel, financier ou humain — l’association POUR via son atelier vélo pourrait réparer encore plus de vélos. Dans la simplicité d’un coup de pédale se cache souvent une grande solidarité.


























